J'ai beau retourner le problème dans ma tête, tergiverser, il faudra bien que je lui crée une catégorie. Car je dois
me rendre à l'évidence, Hugh Grant est toujours dans le décor...
Je n'ai pas voulu en parler jusqu'ici, ou si peu... Parce qu'il est évident que je retombe dans le 'pattern' habituel: aimer un homme qui ne
m'aime pas, ou qui ne peut pas m'aimer. Ou encore, qui ne peut pas m'apporter ce que je recherche en amour.
Résumé de la situation: Hugh Grant, 35 ans (30 à ses heures). Également surnommé
Martin-Le-Crétin. Rencontré sur internet. Déclic mutuel (je crois!) au premier rendez-vous (un beau dimanche de Pâques). Baiser timide au deuxième rendez-vous (heu... quoi? quand on embrasse
après quatorze ans, on met la langue, non?). Baiser tout aussi timide au troisième rendez-vous. Puis disparition. Martin-Le-Crétin ne donnera aucune nouvelle pendant 3 semaines. Moi non plus
d'ailleurs: je mise sur le fait que s'il est intéressé, il me recontactera (j'ai lu He's just not that into you, moi aussi!). Trois semaines plus tard, quelque part sur l'autoroute 20
entre Trois Rivières et Montréal, je décide de le rappeler pour lui dire ses quatre vérités. Hugh Grant (noter l'oscillation permanente d'un surnom à l'autre...) se justifie par le fait qu'il est
timide, que lui aussi attendait un signe de ma part. Ce qui se conclut par un quatrième rendez-vous.
Quatrième rendez-vous. Chez Hugh Grant. Soirée romantique à souhait, même si Hugh a manqué annuler à la dernière minute (migraine). Cet homme me fait
rire comme seul Ex savait le faire. Il me dit qu'il a envie de moi, mais qu'il ne ''peut'' pas. Qu'il a ''peur''. Je ne dis rien. On ira à son rythme. Il me propose de dormir
chez lui, ce que je refuse. Et pourtant, dieu sait si j'en ai envie!
Cinquième rendez-vous. Chez Hugh Grant. Soirée supposément romantique qui se termine en queue de poisson. En plus, Martin-Le-Crétin a manqué annuler à la dernière minute (cheville foulée). Je passe la nuit chez lui car trop
alcoolisée pour rentrer chez moi en voiture, mais je suis de mauvaise humeur. Je repars le lendemain matin, les dents serrées. Je n'aurai pas de nouvelle de lui pendant plusieurs
jours.
Sixième rendez-vous. Randonnée en montagne avec Hugh Grant. Journée formidable, même si Hugh a manqué annuler à la derniere minute (otite: c'est pas
réservé aux enfants, ce truc-là?).
Septième rendez-vous. Annulé par Martin-Le-Crétin. Il ne donnera plus de nouvelle et ne répondra plus à ses e-mails, messages msn ou appels
téléphoniques pendant une semaine. Au bout d'une semaine, je décide d'agir et de mettre fin à notre relation. L'homme de ma
vie doit faire partie de ma vie, et je dois faire partie de la sienne. C'est le moment précis qu'il choisit pour me rappeler. Me dire qu'on devrait s'en parler ouvertement. Échange de
messages sur boîtes vocales interposées pendant une semaine et demi. Il accepte finalement de me voir.
Huitième rendez-vous. Chez moi, même si Martin-Le-Crétin a manqué l'annuler à la dernière minute (fatigue extrême). Soirée piège. Incisive comme je
l'ai rarement été dans ma vie, je le confronte sur ses ''disparitions'' successives, sa manière de m'éviter. [Je lui tire ma révérence pour être resté assis sur mon canapé sans broncher. Peu
d'hommes auraient supporté mes paroles, et le fait que je mette à jour sa propre vulnérabilité]. Il répond qu'il a toujours de la difficulté dans ''les débuts de relation''. Je voudrais lui
prendre les mains, lui dire que ce n'est pas grave, que notre amour sublimera tout (c'est ce que je fais à chaque fois). Je me retiens. Je l'écoute et ne dis rien. Je m'en tiens aux faits. Ce
rendez-vous donnera lieu à une nouvelle disparition de deux semaines.
Neuvième rendez-vous (extorqué, je l'avoue: je voulais tellement le revoir!). Dans le centre-ville de Montréal, le week-end dernier. Aucune annulation.
Une après-midi complète à parler, rire, me promener avec lui. Sans jamais verser dans l'intimité, car visiblement, Hugh Grant/Martin-Le-Crétin a un problème avec l'intimité. ''J'ai peur de
l'engagement'', explique-t-il. Et quand je le serre dans mes bras pour lui dire au revoir, je sens tout son corps se rétracter. Coudonc, suis-je si répugnante?
Dixième rendez-vous. Jeudi prochain. Je me suis fendu d'un e-mail aguicheur: ''F. ch. H., 35 ans (parfois 30) pour l'accompagner au théâtre''. Et lui de
répondre: ''Mais certainement!''.
Trois mois que je fréquente cet homme. Tout ce que j'ai réussi à faire, c'est lui prendre la main, extorquer quelques baisers et un ou deux gros frenchs
(!), rien de plus. Trisha dit qu'il est frigide. Sarah me dit de fuir. Valérie, en bonne psychologue, dit qu'il démontre tous les signes d'un attachement ambivalent-évitant. Et de prendre mes
jambes à mon cou.
Hugh Grant/Martin-Le-Crétin est l'homme le plus cultivé et le plus drôle que j'ai rencontré depuis Ex. Je n'ai jamais réussi à lui faire dire que je ne lui plaisais pas. Il ne ferme aucune
porte, mais n'en ouvre aucune non plus. Peut-on tout mettre sur le compte de la timidité? Je sais que je devrais tout ''crisser'' là. Mais je n'y arrive pas. J'ai toujours coincée dans ma
tête cette histoire de prince charmant qui débarque sur son cheval blanc (ou dans sa Golf GTI).
J'ai rendez-vous avec lui jeudi. Ironie du sort, la pièce s'appelle: ''Une chance qu'on s'aime''. Vous, vous en pensez quoi?
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