Ex

Dimanche 11 octobre 2009

Certains prétendent que le temps nécessaire pour surmonter une rupture équivaut à la moitié de la durée de la relation. D'autres, plus optimistes, prévoient une période de deuil d'environ une semaine par mois de relation. D'autres enfin sont capable de rebondir immédiatement. La vérité, c'est qu'il n'y a pas de règle: on ne peut passer à autre chose que lorsqu'on est prêt.

On croit parfois que c'est terminé. Qu'on est passé par-dessus. Tout le monde nous a expliqué comment ça marche: il y a d'abord la tristesse, puis la colère. Ensuite, on se délecte de notre nouveau célibat. Puis, on a notre rebound. Et enfin, on est prêt et on rencontre quelqu'un de bien. Trop facile. Après avoir expérimenté moi-même, je décrète que c'est de la bull-shit. On peut suivre ce schéma, mais le destin peut tout aussi bien nous réserver un chemin différent.

Au bout de combien de temps oublie-t-on l'odeur de celui qui vous a aimée ? Et quand cesse-t-on d'aimer à son tour ? écrit Anna Gavalda dans Je l'aimais. Depuis quelques semaines, j'ai recommencé à rêver à lui (ce qui n'était plus arrivé depuis plusieurs mois). La première nuit, je suis mentalement aller le chercher en mobylette, l'implorant de revenir à l'appartement, bébé ou pas bébé. La deuxième nuit, c'est lui qui venait frapper à ma porte, en larmes. Je le serrais dans mes bras et tout redevenait comme avant. La nuit dernière, nous faisions la cuisine ensemble et nous nous engueulions: c'était déjà plus logique.


Croyez moi, ça fesse, quand vous réalisez qu'il est à peine 7 heures du matin et que déjà, si tôt dans la journée, votre passé vous a rattrapé. Surtout que vous étiez persuadée (mais alors: per-su-a-dée!) de l'avoir semé! Inmanquablement, dans la foulée, vous alignez une pensée pour votre rebound raté, et aussi pour les quelques relations foireuses que vous avez enchaînées par la suite. Grrr!

On ne contrôle pas ses rêves. J'imagine que mon subconscient ''pense'' parfois à la dernière relation significative qu'il a connue, que ça remonte à la surface. Notre relation, c'est un peu mon unité de mesure amoureuse pour toutes les autres relations, et elle est ancrée en moi. Même si je sais que cette histoire est bel et bien terminée. J'espère quand même qu'il ne viendra pas chambouler ma nuit, car demain, c'est le lundi de de l'action de grasse matinée, et je suis en congé!

Par Miss Gaby
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Mardi 21 juillet 2009

Certains de mes visiteurs arrivent sur mon blog à la suite de recherches sur World of Warcraft. Le plus souvent, ce sont d'ailleurs des visiteuses qui ont tapé: ''WoW a détruit mon couple'', ou une phrase similaire.

J'ai une pensée pour elles en retrouvant ce soir dans mon bazar technologique une photo d'Ex, ou plutôt de son mollet gauche! Flashback. Été 2007: Ex a arrêté de travailler. Il ne paie plus ni les comptes, ni l'épicerie, ni le loyer. Par contre, il trouvera suffisamment d'argent pour se faire tatouer son personnage de World of Warcraft sur le mollet.

Il est parti. Et c'est très bien comme ça.




Par Miss Gaby
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Samedi 20 juin 2009

Ex, expliqué par son meilleur ami: ''Un kid dans un corps d'adulte dans du linge d'ado.''

Je la ris encore!


Par Miss Gaby
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Mercredi 3 juin 2009

Il fallait bien que ça finisse par arriver. J'ai découvert par hasard sur Facebook qu'Ex était papa.

17 mois.

Moins 9 mois de grossesse.

Égale 8 mois.

Cela lui aura donc pris au maximum 8 mois pour : 1-me trouver une remplaçante; 2- prendre la décision d'avoir un enfant avec elle.

8 mois. Août 2008. Allez, mettons juillet, le temps qu'ils se rencontrent. Qu'est-ce que je faisais déjà à ce moment? Ah oui: des bilans. Très exactement, je me débattais avec moi-même pour tenter de comprendre comment un homme avec qui j'avais vécu pendant 9 ans avait pu me quitter par e-mail à 2 semaines du dépôt de ma thèse.

J'ai eu des sueurs dans le dos en regardant les photos du bébé. Sid a raison: ça ne change finalement rien à ma vie. N'empêche, j'aurais apprécié l'apprendre autrement qu'en feuilletant le profil Facebook d'une de mes amies.

9 ans de vie commune, 9 mois de grossesse, et il n'a pas trouvé le temps/les mots/le courage/la nécessité de prendre 9 minutes pour m'en parler?

Ben ciboire. (Je sais, ce n'est pas la politesse qui m'étouffe ces jours-ci). On n'est jamais autant déçu que par ceux qu'on aime. Champagne!


Par Miss Gaby
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Mercredi 22 avril 2009

Remplir sa déclaration d'impôts, c'est non seulement fatigant (surtout pour une reine de la procrastination qui n'a toujours pas défait son sapin de Noël...), mais c'est également déprimant.

Statut: célibataire

Avez-vous changé de statut en 2008: oui

Type de changement: conjoint de fait >> célibataire

Date du changement: [Pas moyen de me foutre la paix hein?] 07/01/2008

Numéro d'assurance sociale de l'ex conjoint de fait: [Oblige à se replonger dans les déclarations des années précédentes. Dans la foulée, octroie l'occasion de tomber nez à nez avec le plan d'un appartement qu'Ex et moi avions visité. Un petit nid d'amour bien trop cher pour nous. Le plan est dessiné par Ex; en bas à droite, croquées par ma main, Cagoule et Biscotte, nos deux (ex-) rattes. Légers sanglots à la vue de l'appartement modèle, suivi d'une rapide reprise en mains. Parce que ça ne sert à rien de pleurer, pas vrai?].

Adresse actuelle de l'ex conjoint de fait: [Parce que vous pensez vraiment qu'Ex m'a donné sa nouvelle adresse?!!! Laissez moi rire...].

Remplir sa déclaration d'impôts, maudite belle activité pour faire une dépression tiens...






Par Miss Gaby
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Mardi 2 décembre 2008

J'ai beaucoup de choses à vous raconter, mais pour plusieurs raisons, je ne peux pas les raconter maintenant. Vous devrez attendre 9 jours, afin que j'aie 31 ans.

Parce que Miss Gaby aime les symboles. Miss Gaby aime le romantisme. Miss Gaby se met parfois dans des situations désespérantes juste pour la beauté de l'histoire heureuse ou malheureuse qui va en découler (Miss Gaby aime se torturer inutilement). Cette semaine justement, Miss Gaby a décidé d'écrire une histoire dont elle ne saura le dénouement que le soir de ses 31 ans.

Alors pour vous faire patienter d'ici là, j'ai décidé de ressortir mon vieux journal intime, et de vous raconter mes 30 ans... Nostalgie, quand tu nous tiens!

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Pour mes dernières heures dans la vingtaine, j'avais décidé d'aller chez le coiffeur. Chôm, l'employée vietnamienne, s'en est donné à coeur joie.

- Ye coupe combien? qu'elle me dit.
- Dix centimètres, si tu veux.
- Yuste dix? Ye peux douzzze?
- Douze, ce sera parfait, Chôm.


Les douze centimètres se sont effrités sous sa main experte pendant que je la regardais, fascinée. Les coiffeuses ont ce don incroyable d'attraper une mèche de cheveux au hasard, de la lisser vers le haut, et de couper d'une longueur qui, pour nous simples mortels, paraît aléatoire. Mais les coiffeuses ne sont pas de simples mortelles: ce sont des sorcières, et au bout de quelques minutes, elles vous transforment une Ugly Betty en Carla Bruni.

- Ça te plaît? demande Chôm.
- C'est super! Promis, je reviens le mois prochain pour faire les mèches!

Je sais déjà que ce n'est pas vrai. Aller chez le coiffeur est incompatible avec mon travail: pas le temps.

En rentrant à la maison, j'ai décidé de prendre un bain. Le dernier bain de la vingtaine. Il faudrait toujours faire les choses comme si c'était la dernière fois.

- Ça ne te rend pas triste de savoir que tu vas avoir 30 ans? demande Loulou.
- Non, je lui fais. Je ne vois pas en quoi demain sera différent d'aujourd'hui.


Ça non plus, ce n'était pas vrai. Et quand il a fermé la porte, je me suis mise à pleurer. Je repensais à mes 10 ans. Aux goûters d'anniversaires avec C., M., A. et Clo, qui finissaient toujours mal parce que C., M. et A. n'aimaient pas Clo, ou parce que la tarte aux pommes n'était pas bonne. Clo et moi sommes restées très proches. À 14 ans, au collège, nous nous écrivions des ''Rèves Futurs'' qui commençaient toujours par: ''Gaby et Clo. ont 18 ans, elles font leurs études à Montpellier, et vivent avec Christophe et Johnny.'' Dans la foulée, j'ai aussi repensé à mes 19 ans, et au beau Daniel Loup, qui a dormi une fois, et une fois seulement, dans mon lit. À mes 21 ans au Pub Saint Paul, avec Vanina et Albator. Après, j'ai un blanc de mémoire: j'ai commencé les études supérieures et la Labatt Bleue. Je sais seulement que la soirée de mes 29 ans était formidable: tout le monde me payait des drinks, et j'ai eu un mal de crâne épouvantable les deux jours qui ont suivi!

En repensant à tout cela, je me suis demandé ce qui était si différent à 30 ans et à 20 ans. Dix ans plus tard, avais-je atteint mes objectifs? À 30 ans, j'étais toujours étudiante. Je n'étais pas propriétaire de mon appartement. J'avais une épave en guise d'auto. Et plus que tout: ma relation avec Loulou sentait étrangement le roussi. Si c'était à refaire, faudrait-il changer quelquechose? Je suis sortie de la baignoire et j'ai été chercher une compilation des Beach Boys. En l'espace de quelques minutes, tout m'a semblé plus clair. J'étais beaucoup plus mince à 30 ans qu'à 20 ans, j'avais - presque - un doctorat, un hamster formidable qui me mordait au sang pour me témoigner son amour, et mieux encore: ni Clo. ni moi n'avions épousé les Christophe et Johnny de nos ''Rêves Futurs''! Quel soulagement!

Les Beach Boys ne suffisaient pas. Je me suis servi un verre de Chardonnay. Et c'est ainsi que minuit est arrivé, et que tout doucement, j'ai eu trente ans.


Montréal, 12/12/2007.



Découvrez The Beach Boys!

Par Miss Gaby
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Jeudi 18 septembre 2008

J’en suis à ma troisième Coup de Grisou. Une bière québécoise. Ma tête tourne un peu, et assise sur le canapé du salon, je contemple la montagne que je viens de former: une montagne de ses affaires. Une montagne des affaires d’Ex.

 

A. m’a rappelée à l’ordre hier soir :

- Ex n’est toujours pas venu chercher ses meubles.

- Non.

- Ça fait déjà deux semaines que tu lui as dit de venir les chercher. Il faut que tu lui donnes un ultimatum.

- Pourquoi?

- Je ne sais pas.

- Tu as l’impression d’être trois dans l’appartement?

- Parfois, oui.

 

Un silence, et puis il reprend :

- C’est mauvais pour toi. Inconsciemment. Avec ses affaires autour de toi, tu ne peux pas repartir sur de nouvelles bases.

- Non, je ne crois pas. Je ne l’aime plus. Je ne ressens plus rien pour lui. Rien, sauf du mépris.

- Ça n’a pas d’importance. Avec ses meubles autour de toi, répète-t-il, tu ne peux pas recommencer à zéro.

 

Je ne pense pas. Pour une fois, A. a tort. Mais s’il avait raison? Si ce bureau, cette table, ces bâtons de hockey, ce jeu de Rummy, m’empêchaient de repartir à neuf? Si je les conservais dans le but unique de garder une relation, un lien étroit, avec Ex?

 

- Tu voudrais qu’il sorte de ma vie?

- Ce n’est pas ce que j’ai dit. Je sais qu’il ne peut pas sortir de ta vie.

- Il ne peut pas sortir de mon passé. Je crois que tu veux qu’il sorte de mon présent, de mon futur.

 

Mais qui est A., au fond, pour prétendre sortir Ex de mon présent? Lui qui après trois mois, ne m’a jamais dit qu’il m’aimait. Pourtant, il me semble qu’après trois mois, on sait si on est en amour, non? Remarquez, je ne le lui ai pas dit non plus. J’ai trop peur qu’il ne dise rien. Ou pire encore: qu’il lâche un vulgaire ‘Moi aussi’.

 

- Je vais le faire. Je vais lui dire de venir récupérer ses affaires.

 

***

 

J’ai appelé Ex: il va venir demain matin. J’ai fait des piles. Ses vestes. Ses souliers. Son matériel informatique. J’ai vidé les meubles qu’il doit reprendre. Je les ai dépoussiérés. J’ai même pris une photo, pour me rappeler ce moment. Et je contemple. Je contemple, une Coup de Grisou dans les mains, le tas qui s’élève devant moi. Je me sens bien. Encore mieux: je me sens indifférente à cet amoncellement de tranches de vie.
 

Il y a neuf mois, Ex a voulu que je sorte de sa vie. Il est temps à présent qu’il sorte de la mienne.

Par Miss Gaby
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Mardi 29 juillet 2008
23h15. Grosse meurtrissure suite à action stupide résultant d'une curiosité maladive. Ne pas pleurer. Ne pas sombrer. Coucher les sentiments sur le papier. Les décortiquer, les faire sortir au plus vite.

_______________________

Cher Ex,


Ce qu'il y a d'excitant, quand on gagne beaucoup d'argent (comme toi depuis que tu as recommencé à travailler), c'est qu'on peut emmener sa nouvelle flamme passer une fin de semaine de rêve dans un hôtel de luxe. À Mont-Tremblant par exemple. Dans une chambre avec lit King. J'aurais bien aimé, moi aussi, que tu me fasses ce genre de surprise. C'est dommage qu'en neuf ans, je n'aie jamais eu ce plaisir (je me rappelle qu'à chaque fois que nous partions en week-end, tu refusais catégoriquement de coucher à l'hôtel, prétextant que nous serions mieux à dormir sur le canapé du cousin Machin ou dans le sous-sol de la cousine Chose).
En plus, tu as toi même fait les réservations pour l'hôtel! Voilà qui ne serait pas arrivé à mon époque. Félicitations pour cette prise d'initiative, soit dit en passant, quelque peu inattendue de ta part!

Je trouve donc qu'Annie B. a de la chance. Je la trouve jolie aussi. Sur sa photo, que j'ai vue sur Facebook, elle me ressemble un peu. En plus belle. En plus mince. Et en plus jeune, évidemment. Tu as bien fait de changer de modèle. L'ancien était périmé, comme tu te plaisais souvent à le dire. Sans doute trop usé et trop aigri. Je me demande pourquoi. Ou par quoi.

Je ressens une espèce de vague à l'âme ce soir. Sarah m'avait pourtant prévenue: lire tes courriels était sans nul doute une très mauvaise idée. Mais que veux-tu? Puisque je n'ai jamais eu d'explication
(j'aurais apprécié que tu fasses l'effort de répondre à cette longue lettre que je t'ai écrite en avril), il fallait que je trouve des réponses par d'autres moyens. Je savais que le moment viendrait. Que tu me remplacerais. Je voulais savoir quand, et par qui. Voilà qui est fait. Désormais, je ne cours plus le risque de fondre en larmes en t'apercevant, dans une rue de Montréal, au bras d'une inconnue. Je suis avertie. Je peux me préparer psychologiquement à cette image. Je n'ai plus à redouter ce moment.

J'aimerais que nous fixions une date pour que tu viennes chercher tes affaires restantes. Tu sais, cela fait déjà sept mois que tu es parti. J'aimerais me réapproprier l'appartement, ce qui pour moi signifie ne plus voir tes reliques autour de moi. Il faut me comprendre: je suis dans une phase de colère (doublée ce soir d'une très grande tristesse, je l'avoue). Cela m'arrive périodiquement depuis que tu es parti. Dans ces moments, je ne peux m'empêcher de penser que je n'ai jamais connu quelqu'un d'aussi lâche et d'aussi égoïste. Au cours d'une conversation, je constatais d'ailleurs très récemment que si je t'avais donné des dizaines de chances, tu ne m'en avais laissé aucune. Ainsi, dans ces instants-là, ce n'est pas tant toi que ma crédulité, ma naiveté, mon aveuglement, mon entêtement, mon acharnement à t'aimer, t'aimer et te soutenir encore, que je hais.

Je tombe de sommeil. Ce doit être l'émotion. Ah oui! Avant d'aller me coucher, une dernière chose: j'ai changé le mot de passe de ton courriel. Sur le coup, ça m'a fait rire (ou plutôt, sourire... - tu comprends sans doute que je n'ai pas le coeur à rire aujourd'hui...- ), mais après quelques minutes, j'ai réalisé que c'était incroyablement chien. Que tu allais certainement perdre beaucoup d'informations importantes. Et je ne veux pas être chienne. Enfin, pas trop. Alors voici ton nouveau mot de passe:

E-G-O-I-S-T-E

Fais en bon usage!


Sincèrement,


Gabrielle.

Par Miss Gaby
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Jeudi 10 juillet 2008
Cela fait maintenant 6 mois qu'Ex est parti. Temps de dresser un premier bilan!

Les deux premiers mois de la séparation ont été à la fois durs et faciles. Durs, car il s'agissait d'une période particulièrement stressante de ma vie professionnelle. Une période durant laquelle j'aurais, plus que tout, eu besoin de son soutien. Faciles, car j'ai vécu une sorte de déni. Quelquepart en moi, je nourrissais cette idée qu'il était faible, que j'étais plus forte que lui, qu'il avait besoin de moi, qu'il reviendrait. Je me suis trompée. Quelquepart en lui, Ex avait trouvé cette force d'enfin prendre une décision. Et de s'y tenir.

Troisième mois. Cuba. Prise de conscience: Ex m'a quittée après 9 ans de vie commune, sans même une explication. Je rage, je pleure, je hurle. Je décide d'oublier. Pour cela, je multiplie les aventures. Une solution factice. Je rencontre des hommes, plus que je n'en ai jamais rencontré. Des hommes qui, en échange d'une baise rondement menée, m'apportent le temps d'une heure, d'une soirée, mais jamais d'une nuit, des bribes de tendresse. Car si mon agenda n'a jamais été aussi rempli, je ne me suis jamais sentie aussi vide.

Je n'ai jamais vécu seule par le passé. La vie de célibataire est pour moi un apprentissage. Je tourne en rond dans mon appartement. Cet appartement que j'ai partagé avec lui tant d'années et que je n'ai pas eu le courage de quitter. Je tourne en rond. Je n'ai le goût de rien. Ni de lire, ni de cuisiner. Ni de faire le ménage. Je tombe en état de blues. Nous étions si proches du but: la maison, les enfants. Quel gâchis. Dans ces moments-là, je pourrais me tailler les veines si j'étais suicidaire. La solution: sortir ou déboucher une bouteille de vin. Si je n'étais pas sortie autant ces derniers mois, j'aurais une cirrhose du foie à l'heure où j'écris ce billet.

Parfois, je me dis que je suis bien, comme ça, célibataire. Célibataire, je peux tout faire! Danser, rentrer à l'heure qui me plaît, ne pas rentrer du tout. Écouter de la musique kitsh. Pleurer sur du France Gall. Fumer. Fumer dans le noir en écoutant Marianne Faithfull. Quelle liberté! Et puis, j'ai mon harem d'hommes. Je me surprends à aimer sauter de l'un à l'autre. Sans me poser de question. Les aimer tous un peu, sans les aimer vraiment. Mais les hommes qui passent, parfois, c'est un peu comme dans la chanson de Patricia Kaas: ''Qu'est-ce que j'aimerais en voler un pour un mois pour un an...''.

Il y a des jours où il me manque terriblement. À me crisser la tête contre les murs. Samedi soir, j'ai éclaté en sanglots dans les bras de Sarah. Il faut dire que j'étais sacrément alcoolisée, et que l'alcool accentue les perceptions. C'était la première fois que je pleurais en public depuis notre rupture. Il me manque. Notre vie à deux, que dans ces instants j'idéalise, me manque. Et pourtant, je ne pourrais pas revivre avec lui.

Nous nous sommes revus pour la première fois la semaine passée. Nous sommes allés marcher dans le Vieux Port. Je pensais qu'il me parlerait. Qu'il m'expliquerait. Après 6 mois de silence et d'absence, j'espérais obtenir de lui cette pièce manquante du puzzle. Comme rien ne venait, je lui ai demandé. De m'expliquer. De s'expliquer. ''Je n'ai pas envie d'en parler'', a-t-il lancé. Alors c'est dit. Je dois me résoudre à tourner la page sans avoir eu cette discussion qui m'importait tant, ce closure, comme l'appellerait Sarah.

Je m'enlise dans ma vie actuelle. Je dois la reconstruire. À mon image. Lui donner un nouveau souffle. Peut-être en changeant de carrière. Plus probablement, en changeant de pays. J'y pense de plus en plus souvent, de plus en plus sérieusement. Je me rappelle avoir recopié, quelques mois avant la rupture, cette phrase d'Amélie Nothomb:

'' [...] On devrait toujours avoir quelquechose à fuire, pour cultiver en soi cette possibilité merveilleuse. D'ailleurs, on a toujours quelquechose à fuir. Ne serait-ce que soi-même.

La bonne nouvelle, c'est qu'on peut échapper à soi-même. Ce que l'on fuit de soi, c'est la petite prison que la sédentarité installe n'importe où. On prend ses cliques et ses claques et on s'en va: le moi est tellement étonné qu'il oublie de jouer les geôliers. On peut se semer comme on sèmerait des poursuivants.''

Amélie Nothomb, Ni d'Ève ni d'Adam, 2007.


C'est peut-être par là que je dois passer. Par le dépaysement. Par un nouveau défi. Je vais me donner encore quelques mois pour décider. L'été, l'automne, et peut-être les premiers frimas.

Je vous laisse là pour ce soir...



Découvrez Judy Garland!
Par Miss Gaby
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Lundi 16 juin 2008

Dans mon avant dernier billet, j'ai brièvement mentionné le fait qu'Ex jouait régulièrement à World of Warcraft, un jeu de rôle en ligne qui compte à ce jour plus de 10 millions d'adeptes de joueurs actifs. En réalité, depuis 2005, Ex passait le plus clair de son temps à jouer à World of Warcraft. J'avais envie de vous en parler depuis un certain temps, et c'est finalement un post d'UHCLA qui m'a décidée à franchir le pas.

Si World of Warcraft n'est pas le seul élément qui a mené l'échec de notre couple, je suis cependant convaincue qu'il s'agit d'un élément clé dans notre rupture, et je m'en veux de ne pas avoir su y mettre un frein. De ne pas avoir mesuré plus tôt l'ampleur du désastre. Que l'on me comprenne bien: je n'ai rien contre les jeux vidéos, à condition toutefois que l'univers fantastique n'empiète pas sur la vie réelle. Et c'est exactement ce qui s'est passé dans notre cas...

Pour bien situer le contexte, voici une chronique que j'ai écrite en mars 2006 pour un magazine. À l'époque, Ex s'appelait encore ''Loulou'', et il était abonné à W.o.W depuis quelques mois. Les premiers ''symptômes'' de l'addiction commençaient à se faire sentir, mais j'en riais encore... La suite au prochain épisode!


Jusqu’à l’année passée, Loulou était pris de violents maux de dos dès que Colette Provencher annonçait une tempête de neige. La douleur amplifiait avec le nombre de centimètres accumulés, et persistait généralement jusqu’au lendemain du passage de la charrue. Maladie désolante, puisqu’elle clouait Loulou au canapé à chaque caprice météorologique, l’empêchant de participer aux joies du pelletage.

 

Depuis cette année, les choses ont évolué. Loulou souffre moins souvent de ses lombaires.  Il regarde également moins souvent la météo. En fait, il n’a plus le temps de rien faire! Il rentre du travail à 18 heures, mange à peine, s’installe devant son ordinateur, pose son casque d’écoute sur ses oreilles, et se transforme en paladin jusqu’à 2 heures du matin. Loulou a contracté une nouvelle maladie : il joue à World of Warcraft.

 

Loulou est rentré à la maison un soir de septembre en m’annonçant qu’il venait de s’acheter un nouveau jeu.  ‘C’est un jeu qui a déjà détruit plusieurs couples…’, a-t-il précisé fièrement.  J’ai haussé les épaules : notre couple avait bien résisté au PlayStation 2 et à la X-Box, alors ce n’était pas un vulgaire jeu vidéo qui allait m’effrayer. Et puis, entre nous, que Loulou joue à l’ordinateur jusqu’à 2 heures du matin ne me dérangeait pas vraiment : pendant que mon paladin d’amour se débattait contre ses monstres féroces, j’avais tout loisir de coudre des pyjamas ou de concocter de nouvelles recettes de cuisine.

 

J’ai déchanté le matin du 17 décembre, en découvrant notre Suzuki enfouie sous 41 centimètres de neige. Comme j’étais déjà en retard, il était hors de question  de me lancer sur le champ dans les travaux de déblaiement. J’ai donc abandonné la voiture et sauté dans le premier bus en espérant qu’en cette belle matinée ensoleillée, Loulou ait une puissante envie de sortir sa pelle. Peine perdue : à mon retour, l’intéressé était toujours rivé à son écran, combattant avec ardeur une sorte de géant de pierre armé d’une massue. Pleine d’espoir, j’ai enfilé mes pantalons de ski en lui demandant de venir m’aider à déneiger. ‘J’peux pas, je suis dans un donjon!’, me suis-je entendu répondre. C’est ainsi qu’écarlate de rage et armée de ma pelle en plastique Rona le Quincailler, je suis descendue m’ébattre dans la neige… seule!

 

Franchement, je préférais encore le coup du mal de dos. Je hais World of Warcraft. Encore plus depuis que j’ai découvert que pour y jouer, la facture s’élève à 20 dollars par mois. Un comble pour s’entendre répéter à longueur de semaine : ‘J’peux pas, je dois d’abord finir mon battleground!’ ou ‘Pas tout de suite, il faut que j’aille chercher mon corps!’.

 

***

 

Saint Brad Pitt, priez pour nous, pauvres femelles, et envoyez-nous des hommes à votre image. Bronzés, bâtis comme des dieux, torse nu et en sueur, pelletant les rues de Montréal, mais si possible, ne sachant pas se servir d’un ordinateur.

 

Quoiqu’à propos de Brad Pitt, j’aie une confession à vous faire : Jennifer Aniston m’a récemment avoué que dans les derniers mois de leur mariage, il passait le plus clair de son temps à jouer à Tomb Raider…

 

Mars 2006.


Par Miss Gaby
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''La terre tourne et cet endroit qui t'apparaît comme une fin pourrait bien aussi être un début''.

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