Le terrier d'Alice

Dimanche 1 novembre 2009

Je vais revenir momentanément sur les 6 semaines que mes parents ont passé chez moi.

Je n'ai jamais eu de très bonnes relations avec mes parents. Mon père était policier. Ma mère, peu importe son métier, était issue d'une famille d'immigrants. Une de ces familles qui a dû travailler fort pour faire sa place, dans laquelle l'orgueil et la fierté ont empiété sur le ressenti. J'ai grandi dans un cadre rigide. Il fallait exceller à l'école, être toujours la meilleure, ne pas faire d'erreur. Ne pas parler de sa vie. Ne pas parler à table (encore moins pendant le journal de 20h). Ne pas se plaindre, ne pas rire, ne pas pleurer, ne pas démontrer d'affection. Être poli en tout temps. Être sage. Être linéaire. Avec les années, je suis devenu un parfait bibelot. Je m'intégrais bien à l'école, car j'étais un bibelot-caméléon. Je n'avais pas de couleur: je me fondais dans tous les groupes, en toute discrétion. Je n'avais pas le droit d'inviter d'amis à la maison, sauf parfois mon amie Marie. C'était suffisant: les amis, ça donne du souci. D'ailleurs, mes parents non plus n'invitaient pas d'amis. Ou alors, des amis très ciblés, pour un dîner le samedi soir. Ma mère faisait du gigot d'agneau, avec des haricots verts et des flageolets. Mon père sortait du champagne au dessert: mes parents ont toujours reçu leurs invités avec classe.

Quand je regarde des photos de moi à cette époque, je me trouve plutôt jolie. Pas belle, mais jolie. Adorable à regarder. Souriante. Pourtant, ma mère n'avait de cesse de me répéter que j'avais des grosses fesses, que j'avais des grandes oreilles, que je me tenais mal, que ma démarche n'étais pas élégante. Pendant longtemps, à cause de mes ''grosses fesses'', j'ai refusé de mettre de la crème hydratante: j'avais peur que le gras de la crème ne pénètre dans mon corps et ne me fasse grossir encore plus. Ma peau est devenue tellement sèche que j'ai développé un eczéma, précisément sur les fesses. J'aurais voulu faire de la danse, du modern jazz, mais mon père ne voulait pas: la propriétaire de l'école de danse se droguait, disait-il. Mes parents m'ont donc inscrite à un cours de gymnastique. J'ai sû que je détesterais ça le premier jour, lorsqu'une fille s'est ouvert la tête en tombant de la poutre.

À l'adolescence, il paraît que dans ces situations certains se rebellent. Moi, j'avais choisi de ne rien faire. Ou plutôt, de faire ce que mes parents attendaient de moi. D'obéir, finalement. De me conformer. Je me suis réfugiée dans le travail scolaire. Encore là, j'étais obéissante. Je voulais apprendre l'espagnol. Ma mère en a décidé autrement: j'apprendrais l'allemand. J'avais choisi de ne pas étudier le latin: un seul mot d'elle  à suffi à me plier aux versions et aux thèmes pendant plusieurs années. Ancilla in domo est.

J'ai obéi sans broncher. J'avais développé des facultés de suradaptation, finissant même par aimer ce qu'on me forçait à faire. Je voulais devenir professeur de littérature ou journaliste, je suis devenue ingénieure. Gabrielle ingénieure, ça scierait le beau-frère, dont aucun des deux garçons n'avait réussi à intégrer une école d'ingénieurs! Je suis devenue une bonne ingénieure, finissant 30ème sur une promotion de 700 étudiants. Je me souviens peu de ces cinq années, sinon que je travaillais avec acharnanement tous les jours, incluant les week-ends et les vacances. Quand j'en parle à ma mère et que je lui explique à quel point j'ai détesté ces années, elle me dit que j'étais majeure à l'époque, que j'avais le droit de décider de faire autre chose. C'est aussi ce que j'ai cru pendant longtemps, jusqu'à ce qu'un psychologue me dise qu'on ne peut pas prendre de décision lorsqu'on n'a jamais appris à faire ses propres choix.

Avec mon couple, je n'ai pas fait mieux. Mes parents ont détesté Ex à la première minute où ils l'ont vu. Et moi, j'étais encore sous leur contrôle, incapable de leur tenir tête et de leur dire fermement qu'Ex était l'homme que j'avais choisi pour partager ma vie. Heureusement, j'avais mis huit mille kilomètres entre eux et moi: ça atténuait l'emprise qu'ils avaient sur moi. Avec huit mille kilomètres et dix ans de séparation, j'ai fini par perdre le contact. Au bout de dix ans, nos rapports sont devenus téléphoniques, anodins, sans contenu. Je n'avais rien à leur dire. Pis encore: je ne voulais plus rien leur dire. Lorsqu'Ex est parti, j'ai mis 2 mois avant de le leur annoncer.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous raconte tout ça? Simplement parce que l'épisode de l'ordinateur a -enfin!- déclenché une vraie colère en moi (une colère saine, comme dirait Ségo...). Pour la première fois de ma vie, je me suis levée et j'ai confronté mes parents. Je leur ai tenu tête, fermement, jusqu'à ce qu'ils avouent leur erreur. Moi, leur fille, je leur ai donné une leçon de respect de la vie privée. J'ai eu droit aux cris de ma mère, aux larmes, aux menaces, aux reproches. J'ai répondu aux attaques calmement, sans stress, mais avec fermeté. Pour la première fois, je me suis comportée avec mes parents comme une adulte responsable et non plus comme une enfant contrôlée. J'ai quitté le rôle de Petite Fille Modèle que j'avais si docilement endossé pendant trente années. Je me suis libérée.

L'orage passé, cet épisode a donné lieu à deux très belles discussions. Nous avons parlé de qui nous étions, de ce que nous aimions, de nos valeurs. C'était la première fois que nous abordions de tels sujets. Eux-mêmes, qui ne se parlent jamais, semblaient surpris de se dévoiler autant. C'étaient en fin de compte nos premières discussions familiales. Ça semblera fou à certains, mais dans une famille aussi sclérosée que la mienne, c'est pourtant la vérité!

Une dernière anecdote: à six ans, je suis partie en classe de neige pendant deux semaines avec l'école. Chaque jour, mes amies recevaient des cartes postales de leurs parents. Marie en recevait parfois deux par jour. Moi, pendant deux semaines, j'ai attendu le facteur, mais il n'a jamais rien eu pour moi (''Il fallait que tu apprennes à être grande'', m'ont un jour expliqué mes parents à ce sujet). Cette semaine, j'ai reçu un courriel de leur part. Ça finissait par: ''on t'aime et on t'embrasse''. J'ai pleuré: la carte postale de ma classe de neige arrivait enfin avec vingt cinq ans de retard! C'est la première fois que mes parents écrivent qu'ils m'aiment. Quelque part, je me sens naître. Enfin!

Par Miss Gaby
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Vendredi 23 octobre 2009

Si on vous demande qui je suis:
Je suis le genre de personne à bercer sur ses genoux le petit corps sans vie d'un rat. À l'emmitoufler dans un linge et à lui confectionner un cercueil avec une boîte en carton. À lui écrire une lettre et à l'insérer dans la boîte avant de la refermer. À sortir pour enterrer la boîte dans un parc en plein milieu de la nuit.
C'est exactement le genre de personne que je suis.

Par Miss Gaby
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 14 octobre 2009

''Il existe plusieurs chemins possibles pour mener à bien votre mission. Cela signifie que si vous devez recommencer votre aventure plus d'une fois avant d'arriver au but, vous pourrez toujours choisir des options différentes si vous le désirez. N'oubliez pas que tracer des plans des lieux que vous visiterez pourra vous être très utile.'' - La Nuit du Météore, Un livre dont vous êtes le héros.

Par Miss Gaby
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 29 septembre 2009

Friendship improves happiness, and abates misery, by doubling our joys, and dividing our grief. - Joseph Addison.

Quelques mots de trop et tout s'écroule. J'aurais pourtant cru que c'était tissé plus serré. Depuis vendredi, notre fil de discussion est vide. Les matins sont désormais un peu moins chantants et les soirées un poil plus tristes.

Par Miss Gaby
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Samedi 12 septembre 2009

Cet épisode avec Bachatero m'a laissée perplexe. Après avoir claqué la portière de sa poubelle, j'ai été prise d'un (léger) remord. C'est vrai: pour une fois qu'un homme était honnête avec moi!

Un point pour toi, Bachatero. Mais pourquoi cette soudaine volonté d'honnêteté et de clarté (concepts qui ne t'avaient manifestement pas empêché de vivre pendant les deux dernières semaines!), sinon pour légitimer tes actes? Pour que je ne puisse pas m'offusquer de te voir fréquenter d'autres femmes ou même d'en embrasser en ma présence?

Qu'aurais-je pu répondre d'autre? ''Mmmm... D'accord. Fréquente qui tu veux. Et quand tu les auras toutes embrassées et que tu auras décidé qui fait les meilleures pipes, appelle moi pour me dire si j'ai gagné le Big Kennedy1 Contest!''. Non, décidément, ça n'a rien de romantique comme histoire d'amour. Me semble pas avoir lu de contes de fées avec plusieurs princesses. C'est sûrement moi qui suis devenue trop ''straight''. Voilà que j'impose l'exclusivité dès la deuxième semaine! D'ici au voeu de chasteté, il n'y a qu'un pas.

J'ai passé une soirée entière à frencher Simon il y a un mois. Deux jours après, je l'ai croisé dans la rue: il ne m'a pas reconnue (rigolez pas!). J'ai passé deux semaines magiques à bécoter Bachatero dans tous les coins de Montréal pour découvrir que... ben c'était pas si magique que ça!  Je m'interroge. Où est passé le romantisme? Reste-t-il une signification dans tout ça? Frenche-t-on désormais sans vergogne?  À la rigueur, est-ce que glisser son pénis dans quelqu'un est devenu aussi banal que serrer la main d'un vieux pote? Ça doit être ça. French kiss is the new handshake. Sex is the new love.
Fast food, one serving, disposable product, disposable love.

___________________________________________________
1 Oui, le nom de famille de Bachatero est Kennedy. C'est bien ce qui est le plus désolant dans cette histoire: ce n'est pas tous les jours qu'on caresse l'espoir de devenir une Madame Kennedy! (Appelez moi Jacky).


Par Miss Gaby
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 4 juillet 2009

Y'a des journées où je feel aussi gris que le temps. J'aurais besoin d'une bachata cochonne. Besoin de me coller contre un corps que je désire et qui me désire. S'il n'était pas en couple, j'appellerais Le Requin. Je lui demanderais de me lacérer le dos avec ses ongles. Il n'y a que lui qui me lacère comme j'aime. Too much information.




Par Miss Gaby
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 18 juin 2009

 

Je me suis demandé à quel moment de ma vie mes relations avec le sexe masculin s'étaient mises à dégénérer. Existait-il un moment précis où j'avais commencé à m'embourber dans mes sentiments? À accepter des relations ambivalentes ou à sens unique pour combler les rêves de la princesse en moi1? À aimer inconditionnellement? Allant jusqu'à sacrifier mon bien-être pour celui de l'autre? Était-ce avant Ex? Pendant Ex? Ou bien avant?

Quand soudain, j'ai bondi...

***


Guillaume Van der Prout était le fils du capitaine de gendarmerie et, de ce fait, il changeait souvent de ville et d'école. Il était arrivé dans mon école en classe de CE2, et la maîtresse l'avait placé à côté de moi. C'était un petit garçon blond, avec de grands yeux verts, et une peau toute dorée. Il jouait au tennis et avait souvent de la terre battue sur ses souliers. J'ai été amoureuse de Guillaume der Prout tout de suite. Le problème, c'est qu'en plus d'avoir des lunettes et  d'être la première de la classe (le combo des deux est rarement winner à cet âge-là!), je n'étais pas la seule. Il y avait aussi Nathalie, qui n'avait pas de lunettes et se contentait plus modestement de la quatrième place. Guillaume est donc tombé amoureux de Nathalie, et l'idylle a duré jusqu'à ce que celle-ci tombe amoureuse de Damien (qui jouait au football et avait souvent des traces d'herbe sur ses souliers). La séparation consommée, je me suis dit qu'enfin, Guillaume allait m'aimer! Mais c'était sans compter l'arrivée de Stéphanie, qui en plus d'avoir un petit perfecto de cuir noir et pas de lunettes, avait la chance d'être dernière de la classe.


C'est ainsi que Guillaume ne m'aima jamais. Ah si! Lors d'un voyage de classe, pour me faire plaisir, il affirma qu'il m'aimait à 8%. Ce jour-là, il dit également à Nathalie qu'il l'aimait à 32%, et  à Stéphanie qu'il l'aimait à 78%. Aujourd'hui, en y repensant, j'en déduis que ce garçon ne savait pas compter. Mais à l'époque, je conclus tout simplement qu'il m'aimait un peu, et cela suffit à me transporter de joie. L'euphorie fut toutefois de courte durée, puisque peu avant les vacances d'été, le père de Guillaume reçut sa mutation et la famille Van der Prout déménagea à Paris.


***


Nous y voilà! De sept ans à dix ans, j'ai été amoureuse de Guillaume Van der Prout qui ne m'aimait pas. Et sans relâche, je l'ai aimé, l'autorisant même à copier mes devoirs de mathématiques. Déjà à sept ans, je croyais dur comme fer que lorsqu'on aimait quelqu'un inconditionnellement, cette personne ne pouvait que prendre avec lui notre amour et nous le retourner. L'amour par l'amour. Déjà à sept ans, j'étais dans les choux (hiboux, genoux, cailloux).

Je crois que j'ai du travail de rattrapage à faire.

__________________________________________

1 La princesse, la satanée princesse! Définition: entité en nous qui espère systématiquement que le crapaud va se transformer en Prince Charmant. Maudite nounoune!

 

Par Miss Gaby
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 10 juin 2009

Bien sûr, mes jambes ont flanché sous le choc. Mon coeur s'est mis à battre trop fort. Je me suis écroulée à terre, dans un corps à corps avec le plancher. Bien sûr ce n'est pas un de mes moments les plus glorieux. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'on y survit. Parce que le temps a fait son oeuvre. Grand effaceur, il a gommé l'intensité des émotions.

Déjà le lendemain, la colère et le sentiment d'abandon avaient cédé leur place à la résignation. Puis quelques jours plus tard, à l'acceptation. L'amertume s'est estompée. J'ai même réussi à écrire. À le féliciter. ''Je sais que tu dois être aux anges.''

C'était peut-être la thérapie-choc. Un moyen un peu cruel de comprendre que notre histoire était définitivemnt terminée, qu'il était plus que temps de tourner la page.

Qu'appprend-on de ces histoires qu'on vit et qui finissent un jour? Que nous croisons dans notre vie des personnes avec qui nous choisissons de faire un bout de route, en espérant qu'elle soit la plus belle, la mieux pavée, la plus rectiligne possible. Que parfois, les histoires se désenchevêtrent, que les chemins se séparent. Qu'il y en a toujours un qui met plus longtemps que l'autre à retrouver sa voie. Cette fois-ci, c'était moi. Mais aussi qu'il n'y a pas de course au bonheur. Que chacun doit aller à son rythme. Prendre le temps de soigner ses bleus, prendre le temps de se demander ce qu'il est, et dans quelle direction aller. Puisqu'on est libre, autant en profiter pour choisir sa vie.

Et aussi, attendre que la rancoeur s'en aille. Car on a beau vouloir lui botter le cul, savoir qu'on serait mieux sans elle, que c'est aussi elle qui continue à alimenter notre souffrance, la rancoeur ne part pas facilement au lavage. Il faut la laisser filer tranquillement. Parfois, accepter qu'elle se soit attardée autant.

Doucement, je m'apprivoise.
Par Miss Gaby
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Dimanche 3 mai 2009

''Je crois que tu n'as pas encore réglé ta rupture'', me dit-il. Dans sa bouche, ça martèle. Ça assène. ''Peut-être. Mais comment régler une rupture si l'autre refuse d'en parler?'', que je lui réponds.

Parce que ce que je retiens, c'est que les deux derniers hommes que j'ai aimés m'ont quittée par e-mail. L'un s'est tout bonnement enfui, disparu, volatilisé dans la nature après neuf années de vie commune. L'autre a pris soin d'indiquer dans son courriel qu'il ne voulait pas en parler. Que je ne devais pas lui téléphoner, lui écrire, ou venir le voir. C'est ce que dit Marail: ces deux-là sont partir grossir les rangs de tous ces hommes beaux, cultivés, drôles, intelligents, et surtout courageux.

Alors quoi? Je ferais peur? Du haut de mes 5'2'', je les terroriserais à un point tel qu'ils n'osent avouer que c'est terminé?

''Moi, si je te rencontrais, j'aurais peur'', avoue-t-il.  ''Tu es intelligente, tu as un doctorat, tu as une carrière, tu n'as besoin de personne'', s'enhardit-il. Et sans doute inspiré par sa Corona, il rajoute: ''Si tu veux mon avis, tu ne devrais pas en parler au moins pendant les 10 premiers rendez-vous''.

Les dents m'en tombent. La patate me pompe. First, je n'en parle jamais. Seulement lorsque c'est nécessaire. Quoi? Je devrais raconter que je suis esthéticienne quand on me demande ce que je fais dans la vie? Je suis chercheur. Chercheure. Chercheuse. C'est tellement masculin comme métier que je ne sais même pas comment l'écrire au féminin. Avoir un baccalauréat, une maîtrise et un doctorat, ça fait partie de moi. Je n'en suis pas fière à outrance. Je ne m'en vante jamais. Du reste, je ne les affiche même pas: mes diplômes croupissent au fond de mon placard à chaussures! J'ai fait ce parcours linéairement parce que l'occasion a fait le larron. Je l'ai fait comme j'aurais pu faire une technique en boulangerie-pâtisserie et devenir boulangère-pâtissière. Tout ça, c'est moi, et je ne le renierai pas.

Ça me rappelle ma collègue Andy, lundi matin: ''Samedi soir, je sors dans un bar. Un gars me cruise. Cute. il me demande ce que je fais dans la vie. ''Ingénieure'', je lui dis. Il part se chercher un verre. Je l'ai plus revu de la soirée...'' Aigrie, la fille.

Et je la comprends: quand A. m'a quittée, il a dit que que j'étais ''trop hot'', ''trop intelligente''. Que ça me prenait un homme avec une maîtrise, ''au moins''. J'irais pas jusqu'à dire qu'il était trop con. N'empêche, ça me démange. Allez hop, au piquet! En punition pour avoir trop étudié. Et avec moi, toutes mes consoeurs fuckées qui ont pêché par excès d'intelligence, de volonté et de persévérance. Toutes ces créatures désaxées qui ont choisi un chemin qui leur convenait et qui ont donné leur 110% pour réussir.

Quand je rencontre un homme, je ne lui demande pas son CV professionnel. À peine son CV affectif, et encore, pas à tous les coups (du moment que la mécanique est A1, tsé...). Je ne cherche pas à entretenir de conversation avec lui sur le potentiel des nanotubes de carbone comme renfort mécanique dans les composites structuraux. Pas parce que j'ai peur qu'il ne soit pas suffisamment intelligent pour comprendre: simplement parce que c'est d'un ennui mortel. Je suis une femme normale. Je ris, je danse, j'écris, je regarde Grey's Anatomy et je procrastine. Je me maquille, je m'épile, et sous mon sarreau, je porte parfois des fuck-me-boots. C'est vrai que je n'ai besoin de personne, mais la vie serait plus belle avec vous. Aimez moi pour mes défauts que vous trouvez si attachants mais surtout, aimez moi pour mes qualités.

Quant à tous les A. de ce monde, qui ont si peur d'être éclipsés par une femme, je leur donne immédiatement leur 4%.

____________________________

En photo: Stephanie Kwolek. A inventé ''par erreur'' le Kevlar en 1965. Détient 28 brevets, a été introduite au National Inventors Hall of Fame en 1995. A peut-être déjà porté des FMB et une mini-jupe sous son sarreau.
Par Miss Gaby
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 26 mars 2009

On croit que, lorsqu'une chose finit, une autre recommence tout de suite. Non. Entre les deux, c'est la pagaille. [Marguerite Duras, Hiroshima mon amour].


Entre deux bouteilles, il arrivait parfois à Marguerite Duras d'écrire des choses intelligentes. Depuis plus d'un an, c'est la pagaille. Le bordel, même. Je me demande souvent si j'avance ou si je recule. C'est indéniable: j'avance. Mais que Dieu que la marche est longue quand on ne sait pas où on va.

J'attends l'autre chose avec impatience. Tellement d'impatience que je crois la reconnaître partout. Et lui? Cet homme à la chemise bleue? Est-ce l'autre chose? À moins que ce ne soit plutôt lui, là-bas,avec la chemise blanche... J'en oublierais parfois qu'on ne doit son bonheur qu'à soi-même, pas aux autres. Pour ce qui est du malheur, je ne me prononce pas. En ce moment, mon malheur est un canevas de mensonge bien rôdé, brodé expressément à ma mesure par un paummé professionnel. Les paummés, ce sont les plus dangereux. Ils sont tellement convaincus de leur connerie qu'on finit par y croire avec eux.

Le mois dernier, ce blog a eu un an. Un an et quatre ruptures. De quoi terrasser un dragon. Je suis empêtrée dans l'histoire la plus sordide que j'ai vécue. Empêtrée. Vous savez, comme ces petits moucherons qui se débattent dans des toiles d'araignée, et qui s'engluent de plus en plus à chaque mouvement. Bref, comme disait Marguerite: c'est la pagaille. Faudra bien que je finisse par me dépêtrer.

Parfois, j'aimerais que quelqu'un coupe la toile d'araignée et me libère. Je suis comme cette héroïne d'Anna Gavalda: ''J'aimerais que quelqu'un m'attende quelquepart.''


Par Miss Gaby
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander

Présentation

About me

''La terre tourne et cet endroit qui t'apparaît comme une fin pourrait bien aussi être un début''.

Ivy Baker Priest.

Rechercher

Créer un Blog

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés