Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 02:08

J'ai participé hier à l'évènement « Les filles et les sciences : un duo électrisant! » qui se tenait à l'École Polytechnique de Montréal. Cet évènement vise à faire connaître aux adolescentes du secondaire les professions scientifiques et technologiques, et les études qui y mènent, par l'intermédiaire de jeux, d'ateliers, de kiosques, et de rencontres avec des femmes exerçant dans ces domaines.

Selon le site web, l'idée de cet évènement a germé en 1998, tandis que Nathalie Beaudry faisait du recrutement pour le Département de l’exploitation du réseau chez Bell. Responsable d’un programme d’embauche universitaire, elle était censée recruter 50 % de femmes, mais parvenait à peine à dépasser les 25 %. Après avoir constaté que ses amies avaient le même problème, elle leur suggéra de se regrouper pour mettre sur pied une activité à l’intention des adolescentes. C'est ainsi qu'elle et une douzaine de femmes imaginèrent la tenue du Duo avec le soutien de l'École Polytechnique de Montréal, de l'École de Technologie Supérieure et de plusieurs entreprises. « Quand on montre aux adolescentes toutes les avenues possibles, les débouchés pratiques et la portée sociale des carrières scientifiques, d’un seul coup, leur regard change. Tant qu’il n’y aura pas une masse critique de modèles féminins qui réussissent dans ces secteurs, le Duo sera nécessaire. La persévérance, c’est aussi une des grandes qualités qui font que les filles sont excellentes dans les sciences! », affirme Nathalie Beaudry.

Cela fait 5 années maintenant que j'anime des ateliers pour cet évènement. Des journées intenses au cours desquelles il faut littéralement séduire nos adolescentes: leur montrer que les métiers que nous exerçons, traditionnellement réservés aux hommes, peuvent également être exercés par des femmes. Leur faire sentir que nous ne sommes pas toutes des tom-boys: nous nous maquillons, nous portons des jupes, nous sortons danser, mais nous portons aussi parfois des casques et des souliers de sécurité. Pour ma part, j'ai toujours pris du plaisir à cet évènement, car c'est l'occasion de vulgariser et de rendre accessibles nos carrières. Je me dis qu'il est possible que j'inspire un jour une de ces filles.

Mais hier, c'est un peu stressée que j'ai animé mon atelier. En entrant dans la salle, j'ai mentalement dressé le plan des issues de secours les plus proches. J'ai mis mon cellulaire en mode silencieux au fond de ma poche. Pendant toute la durée de l'atelier, j'ai épié les visiteurs qui arpentaient les couloirs. Limite parano la fille. Il faut dire que la semaine précédente, un courriel et un vidéo du service de sécurité avaient été envoyés à la communauté polytechnicienne: ''Mesures d'urgence en cas d'intrusion d'un tireur actif''.

L'École Polytechnique, j'y ai étudié et enseigné pendant 8 ans: on y entre comme dans un moulin, et ce en dépit de la tragédie de 1989. En 2007, j'attribue à l'un de mes étudiants -un homme d'une quarantaine d'années- la note F pour cas de fraude. Cette note l'empêchera de poursuivre ses études. En 2008, alors qu'il n'est plus inscrit à l'école, cet homme s'introduit dans mon bureau, me demandant de lui fournir les corrigés de mon cours. Je garde mon sang froid et parviens à le faire sortir. La sécurité refuse d'intervenir à moins que je ne porte plainte. Mais heu... porter plainte pour quel motif au juste? Délit de sale gueule? Il faudra deux autres visites de l'individu et l'intervention de mon supérieur pour que la sécurité s'active et découvre qu'il a déjà été arrêté pour attouchements sexuels. L'homme est finalement repéré, intercepté et... on lui confisque sa carte d'étudiant! (Merci mon Dieu me voilà amplement rassurée!).

Si je vous dis tout ça, c'est parce que depuis quelques mois, plusieurs admirateurs de Marc Lépine ont recommencé à s'agiter sur internet. Le récent courriel du service de sécurité de l'École Polytechnique porte à penser que cette agitation n'est pas à prendre à la légère. Personnellement, si j'avais été un tireur fou anti-féministe, j'aurais fait un carnage à la journée « Les filles et les sciences »... Pourtant, je n'ai pas vu plus d'agents de sécurité que d'ordinaire. J'ose espérer qu'ils étaient occupés à surveiller activement les lieux par caméra.

***

17h09. Pendant le cocktail destinés aux organisatrices de l'évènement, une bouteille tombe du balcon situé à l'étage supérieur. Nous avons juste le réflexe de nous écarter: la bouteille s'écrase à nos pieds, sur le sol.

***

Après l'épisode de la bouteille, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à elles:


Geneviève Bergeron, étudiante en génie civil.

Hélène Colgan, étudiante en génie mécanique.

Nathalie Croteau, étudiante en génie mécanique.

Barbara Daigneault, étudiante en génie mécanique.

Anne-Marie Edward, étudiante en génie chimique.

Maud Haviernick, étudiante en génie des matériaux.

Maryse Laganière, employée au département des finances.

Maryse Leclair, étudiante en génie des matériaux.

Anne-Marie Lemay, étudiante en génie mécanique.

Sonia Pelletier, étudiante en génie mécanique.

Michèle Richard, étudiante en génie des matériaux.

Annie St-Arneault, étudiante en génie mécanique.

Annie Turcotte, étudiante en génie des matériaux.

Barbara Klucznik-Widajewicz, étudiante infirmière.

 

Et encore, c'était juste une bouteille...

 

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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 06:00


Excusez les fautes. J’avais 15 minutes pour l’écrire.


Veillez noter que si je me suicide aujourd’hui 89/12/06 ce n’est pas pour des raisons économiques (car j’ai attendu d’avoir épuisé tout mes moyens financiers refusant même de l’emploi) mais bien pour des raisons politiques. Car j’ai décidé d’envoyer Ad Patres les féministes qui m’ont toujours gaché la vie. Depuis 7 ans que la vie ne m’apporte plus de joie et étant totalement blasé, j’ai décidé de mettre des bâtons dans les roues à ces viragos.

 

J’avais déjà essayés dans ma jeunesse de m’engager dans les Forces comme élève-officier, ce qui m’aurais permit de possiblement pénétrer dans l’arsenal et de procédé Lortie dans une rassia. Ils m’ont refusé because associàl. J’ai donc attendu jusqu’a ce jour pour mettre à exécution mes projets. Entre temps, j’ai continué mes études au grès du vent car elles ne m’ont jamais intéressée sachant mon destin à l’avance. Ce qui ne m’a pas empécher d’avoir de très bonnes notes malgré ma théorie de travaux non remis ainsi que la carence d’étude avant les examens.

 

Même si l’épitète Tireur Fou va m’être attribué dans les médias, je me considère comme un érudit rationnel que seul la venu de la Faucheuse on amméné à posé des gestes extrèmistes. Car pourquoi persévéré à exister si ce n’est que faire plaisir au gouvernement. Etant plûtot passéiste (Exception la science) de nature, les féministes ont toujours eux le dont de me faire rager. Elles veulent conserver les avantages des femmes (ex. assurances moins cher, congé de maternité prolongé précédé d’un retrait préventif, etc.) tout en s’accaparant de ceux des hommes.

 

Ainsi c’est une vérité de la palice que si les Jeux olympiques enlevaient la distinction Homme/Femme, il n’y aurait de Femmes que dans les compétitions gracieuses. Donc les féministes ne se battent pas pour enlever cette barrière. Elles sont tellement opportunistes qu’elles ne négligent pas de profiter des connaissances accumuler par les hommes au cours de l’histoire. Elles essai toutefois de travestir celles-ci toute les fois qu’elles le peuvent. Ainsi l’autre jour j’ai entendu qu’on honoraient les canadiens et canadiennes qui ont combattus au front pendant les guerres mondiales. Comment expliquer cela alors que les femmes n’étaient pas autorisés à aller au front ??? Va-t-on entendre parler des légionnaires et galériennes de César qui naturellement occuperont 50% des effectifs de l’histoire malgré qu’elles n’a jamais exister. Un vrai Casus Belli.

 

Désoler pour cette trop compendieuse lettre.

 

Marc Lépine

 

[Suit une liste de 19 noms]

 

Ont toutes Failli disparaitre aujourd’hui. Le manque de temps (car je m’y suis mis trop tard) à permis que ces féministes radicals survives. Alea Jacta Est.


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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /2010 23:50


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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /2010 00:01

«La femme est une mineure éternellement sous tutelle» Ayaan Hirsi Ali, Ma vie rebelle (Éditions NiL, Laffont, octobre 2006).


Il a 29 ans. Une fierté à peine perceptible dans la voix, il me dit qu'il vient de terminer son secondaire 5. Je souris: je ne lui parlerai pas de mon doctorat. Là où il est né, le taux d'alphabétisation est de 36%, l'espérance de vie, 44 ans. Il parle perse, indien, anglais et français. Dans 15 ans, il serait mort. Il déjoue les statistiques.

Je l'ai rencontré début 2008. À la même époque que A. C'est le danseur le plus élégant que je connaisse à Montréal. Il a du style, de la classe. Il glisse. Je me souviens avoir dit un jour à A. : ''Quand il me fait danser, j'ai l'impression de voler''.

Pourquoi s'intéresse-t-il à moi? ''Tu es gentille'', répond-il en riant, car il rit toujours. C'est une réponse qui en vaut une autre. Je suis fatiguée des ''Tu es belle'' déclinés dans toutes les langues, exhalés dans tous les souffles. ''Tu es gentille'': réconfortant, simple, et sans promesses. Et puis, il me tient la main. Même en public.

Il est minuit. Dans le lit, à côté de moi, il joue avec son BlackBerry. ''C'est ma télé, quand je suis tout seul'', plaisante-t-il. Il me sort un truc sur Youtube. ''C'est un soap de chez nous. Il y a 200 épisodes. J'aime bien en regarder le soir''. Sur l'écran, il y a trois femmes pixélisées qui font la lessive au lavoir, emmitouflées dans des burqas. Ça promet, je me dis. Et puis, je le regarde: ses cheveux pâles, ses yeux gris, sa peau blanche, sa chemise blanche et son pantalon blanc pliés consciencieusement sur mon panier à linge, ses chaussures en croco blanches devant la porte. Pas très Oussama, tout ça.

Sa main sur ma cuisse, je repense aux débats qui se sont tramés en moi par le passé. Pour ou contre le port du voile, le port du voile intégral, la poupée Fulla? Et puis Barbie occidentale et ses gros nichons, est-ce mieux? Son sexe contre mes fesses, me reviennent les conclusions auxquelles je suis parvenue. La liberté de culte certes, mais aussi la liberté individuelle, l'autonomie, le libre arbitre, le droit de décider ou non d'entrer en religion, d'y entrer un peu, beaucoup ou profondément, et sans pression. La laïcité. Les droits de la femme. La position de la femme dans la société. L'égalité des sexes.

J'ai un instant d'hésitation. Où se situe-t-il par rapport à tout ça? Où me situe-t-il par rapport à lui? Et puis je me dis, sa peau blanche, sa peau blanche de néo-occidental l'arrache à tout ça. Au moment où ma pensée abdique, il me prend. Froidement. Par derrière. Sans un baiser. Comme l'objet que je suis.

On n'efface pas sa bonne éducation en huit ans.



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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /2010 05:12

- Je me suis rasé les aisselles en pensant à toaaaaa, j'étais fatiguée d'être celle que tu ne voyais pas!
- Que je ne voyais paaaaaaaas!!!!!
- Dans mon coooooorps, dans mon corps de jeune fiiiiiiillle...
- Il y a des changemeeeeeents haaaaaaaaan!!!!!

On rentre du resto: bavette sauce aux champignons, frites maison et Syrah. On chante à tue-tête dans la voiture. Je viens de réussir un créneau de la mort: estie qu'on est ben.

***

- Rappelle moi à quoi ça sert de fumer sous la hotte si elle est pas allumée?
- Merde!
- Estie qu'on est caves.


***

- Quand j'y pense! Pareil guet-apens que tu m'as tendu. Ma petite ratoureuse, toé.
- Hi hiiii... Avoue que t'y pensais!
- Non!
- L'été dernier, t'y pensais pas?
- Si. Estie qu'on est ben.

***

Ensuite, c'est comme dans la chanson de Ginette Reno: il m'a fait la tendresse. Toute la nuit. Ça faisait longtemps qu'on m'avait pas 'entendressée' comme ça. Deux, trois ans peut-être. Estie qu'on était ben. Et puis voilà, le petit matin est arrivé, qui nous a tirés des draps et renvoyés chacun vers nos vies respectives.

Avoir été dimanche, je l'aurais gardé encore un peu. Juste pour parfaire mon souvenir.




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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 00:16

Charité : hypocrisie qui donne dix sous d'attention pour recevoir vingt francs de gratitude. [Jules Renard].

Vous ne pouvez pas savoir à quel point les salseros de Montréal se sentent Haïtiens ces derniers jours. Sur Fessebouc, c'est à qui adhèrera au plus de groupes de soutien à Haïti, à qui apposera le premier son sticker 'Haïti flag' sur sa photo de profil. Tout le monde affiche sa générosité à grands coups de statuts: c'est à qui aura le plus gros coeur et sera le plus Haïtien dans l'âme. Prochaine étape: se faire tatouer sur le front la donation faite?

Voici donc qu'on nous annonce qu'il faudrait 'danser pour Haïti'. C'est marrant quand même. Je ne me souviens pas avoir 'dansé' pour les petits Iraniens coincés sous les décombres à Bam. Enfin, si c'est par solidarité et une pour bonne cause, admettons. Je me permets donc aujourd'hui de passer en revue quelques évènements organisés cette semaine.

Premier évènement. Le Consulat. Situé en centre ville, cette salle de danse qui a ouvert en avril dernier n'attire que la crème des salseros de Montréal. Compter environ 50 personnes par soirée. À 5$ l'entrée, une soirée ordinaire au Consulat rapporte environ 250$ à son promoteur. (je ne compte ici que les gains liés aux admissions). Pour venir en aide aux sinistrés, le Consulat propose de reverser tous les profits de sa soirée du jeudi 21 janvier à Haïti. Avec un tel évènement, le promoteur peut s'attendre à recevoir environ 150 personnes. Bénéfice net pour le promoteur: 0 (mais un bon coup de pub à moyen terme!). Bénéfice net pour Haïti: 150 x 5$ = 750$.

Deuxième évènement. Salsafolie tient des soirées sur le Plateau Mont Royal. Chaque soirée attire environ 100 danseurs. Toujours à 5$ l'entrée, le bénéfice habituel du promoteur est de 500$. Dans un élan de générosité (l'union fait la force), Salsafolie organise ce jeudi une soirée spéciale 'Fundraiser pour Haïti': le prix de l'entrée passe exceptionnellement de 5$ à 6$ mais... 2$ sont reversés aux sinistrés! En tablant sur 150 entrées grâce au 'coup de pub haïtien', le promoteur peut espérer ce jeudi un bénéfice de 150 x 4$ = 600$ (soit 100$ de plus que pour une soirée ordinaire!) tout en versant 150 x 2 = 300$ à Haïti. Généreux, n'est-il pas?

Troisième évènement. Trésor est un hybride entre un crosseur et une bonne âme. Il accueille habituellement 50 invités chaque lundi soir. À 5$ l'entrée, il gagne donc 250$ par soirée. Ce lundi, en bon Haïtien qu'il est, il organise un évènement spécial Haïti: la moitié des entrées seront reversées aux sinistrés. S'il peut réunir 150 personnes (et avec toutes ses connexions féminines, je suis confiante!), il peut espérer un bénéfice personnel de 150 x 2.50$ = 375$ et il versera la même somme à Haïti.

Quatrième évènement. Voilà donc que Salsafolie annonce un deuxième évènement spécial Haïti pour dimanche. Y'en a qui ne perdent décidément pas le Nord...

***

J'en conclus donc que quand la terre tremble, plusieurs se frottent les mains sous le couvert de la générosité. Ce qui est sûr, c'est que s'il faut danser pour Haïti, une fois n'est pas coutume, j'irai au Consulat. En attendant, laissez moi vomir un petit peu dans ma bouche.

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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 05:19

7.3


drapeau_haiti.pngDimanche, il a écrit sur son statut Facebook: ''God is goooooood!''. J'imagine qu'il avait dû tomber sur le coup du siècle la veille: blonde, décolorée, bon cul, gros seins, petit cerveau, pâmée devant lui. Ça m'a agacée. Ce matin-là, Mano Solo venait de passer l'arme à gauche, dans la lignée des Lhasa, Nelly Arcan, Bashung et compagnie. Et moi, j'avais justement écrit: ''En ce moment, j'ai une dent contre Dieu'', sur fond de ''Il m'arrive encore''. Bref. J'aurais bien répliqué que ''God is goooood!'', fallait aller en parler aux petits Africains qui crèvent de faim, ou aux autres petits Africains qui ont un gros ventre (pas à cause d'un abus de Big Mac, à cause de la malnutrition), mais je suis restée politiquement correcte. Chacun ses convictions. C'est pas parce que je ne crois plus en Dieu depuis que j'ai intégré l'école publique que les autres n'ont pas le droit d'y croire. Du coup, je lui ai plutôt dressé une liste des personnes que Dieu devrait s'employer à ressusciter.

Je vais devoir en rajouter 100 000, sur ma liste, que le ''bon'' Dieu s'apprêtait justement à faucher. J'ai pas osé lui faire de remarque, mais je le pense: God is parfois not so good. Ou bedon c'est moi qui ne comprend pas ses stratégies.

Trésor, l'athée que je suis ne t'envoie pas de prières, mais bien quelques pensées, à toi et à tes frères et soeurs haïtiens.

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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 22:48
Lieu : Salon Désillusion.

 

GrandTheatreSalle.jpg

Protagonistes:


LA PETITE BRUNE: elle est assise dans le vestibule. Elle s'apprête à quitter la salle et remet ses souliers.


LA PETITE BLONDE: elle se tient derrière la porte du vestibule, à quelques mètres à peine de la petite brune qu'elle ne voit pas et qui ne la voit pas non plus.


LE PETIT MARVIN: mi-Enrique Iglesias mi-rien du tout, il opère entre les deux un va et vient digne d'un jongleur.


Acte IV

 

MARVIN (à la blonde): Attends chérie, je dis juste au revoir à la fille et je suis à toi...

 

LA PETITE BLONDE: Oui mon amour je t'attends. Dépêche-toi! Mais qui est-elle?

 

(Il quitte la salle de danse pour le vestibule où est assise la brune).

 

MARVIN (à la brune): Princesa, tu es encore là?

 

LA PETITE BRUNE: Euh oui oui...

 

MARVIN (à la brune): Beauté... Je dois te laisser. Une fille m'attend depuis des heures pour danser et j'ai peur qu'elle se vexe! Ah... tu me fais fondre.

 

(Il l'embrasse et quitte le vestibule pour la salle de danse où est assise la blonde).

 

MARVIN (à la blonde): C'est personne, mon amour. C'est la brune de mon meilleur ami. Allons danser la bachata, cielito...



© Une pièce signée Raton Timbalero.
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /2010 00:28

''Je ne savais pas encore que c'était la meilleure chose qui puisse m'arriver, qu'il me quitte. Comment aurais-je pu le savoir? Il était toute ma vie. Sans lui, je n'étais rien.''

J'ai recopié cette phrase, mais j'aurais pu en recopier d'autres:

''... on était contents d'être ensemble, contents et fiers, deux imbéciles contents et fiers de leur bel amour, ah on va leur montrer, ah ils vont voir, ah on va leur balancer notre grand amour à la gueule, notre amour insolent et solaire, ce corps à deux têtes, cette âme à deux corps ...''

''Car je n'ai pas de goûts. Pas de dégoûts non plus, je crois. [...] J'attends que le goût vienne, ou revienne, comme un appétit perdu, ou le sommeil pour un insomniaque. [...] Avant, c'était simple, j'aimais ce qu'Adrien aimait.''

''Adrien m'a quittée pour une autre. Adrien ne reviendra pas. C'est ça, être adulte. Être adulte, c'est être remplacé.''

Et après A.:

'' Tristesse plus tristesse, je ne sais pas si ça fait double tristesse ou demi-tristesse. Par certains côtés, ça double. On se dit: et puis quoi encore? qu'est-ce qui va encore me tomber sur la tête? est-ce qu'il y a une limite au chagrin?''

''... rien ne me fait plus peur qu'une photo, rien ne me semble plus faux-cul qu'une belle photo de bonheur avec toute la quantité de malheur qu'elle promet, qu'elle contient, mais sans le dire, en cachant bien son jeu.''

Et puis, finalement:

''Le problème, dans ce genre d'histoire, c'est la rééducation. C'est réapprendre à aimer, à rire, à sentir, à sortir, réapprendre tout, comme une grande brûlée, ou une paralysée, ou l'amnésique de ce film de Hitchcock à qui il avait fallu refaire une mémoire.''

***

Je ne retiens jamais les dates. Même pas la date de notre rencontre, quelquepart en février. Pourtant, je sais que c'est un 7 janvier qu'il est parti. J'ai gardé son e-mail, son e-mail de rupture! Le 8, il est revenu. Il a pleuré dans mes bras, il disait qu'il ne pourrait pas vivre sans moi. Je l'ai serré contre moi, non, je ne l'ai pas serré: je l'ai enveloppé dans mes bras! Je lui disais, on va passer par-dessus ensemble, tu verras, tu verras mon p'tit loup, notre amour est plus fort.
ll disait qu'il n'arriverait pas à dormir. Je lui ai préparé une verveine et je lui ai collé un de mes somnifères, ceux à cause desquels je m'étais endormie au volant la veille. Je l'ai couché dans le lit, je l'ai embrassé sur le front. Je me suis allongée sur le canapé. C'est moi qui n'ai pas dormi.

***

ritahayworthqlny.jpgTout ça, c'était des conneries. Il pouvait très bien vivre sans moi, c'est moi qui ne pouvais pas me passer de lui. J'étais devenue lui, par mimétisme, avec les années. J'avais son sourire, son humour, ses goûts, ses dégoûts justement. Je me regardais dans un miroir et c'est lui que je voyais, comme ces femmes qui reconnaissent dans leurs traits ceux d'un père violent, ou dans ceux de leur enfant les traits du salaud qui les a violées. Et puis ces vêtements! Ces vêtements, c'était lui. Lui tout craché ces baskets d'adolescente, ces T-shirts pseudo-moulants qui étaient mon seul signe de féminité. Jeanne d'Arc en moins sainte, depuis qu'il m'avait fait une scène dans la rue parce que je n'avais pas mis de soutien-gorges et que ''mes seins pointaient''.

Encore aujourd'hui, je me surprends à écouter les chansons que j'ai aimées parce qu'il les aimait. ''Lover you should've come over'' de Jeff Buckley, et cette soirée de février. ''- Vas-y, je sais que tu l'aimes, dis lui, c'est pourtant pas compliqué. Dis lui ''je t'aime''. Allez, dis lui!'' Et moi qui n'ai jamais dit ''je t'aime'' ni à ma mère ni à mon père, de regarder sa soeur et de faire cette chose absolument inconcevable, lui dire, sans conviction réelle mais sans non plus mentir, ''je t'aime, je t'aime Mélissa''. Et de m'allonger sur le sol, en pleurs, exténuée par ces trois mots qui viennent de m'écorcher les lèvres, de déflorer mon coeur, je ne suis plus vierge de mes ''je t'aime'', c'est comme si je venais de faire l'amour pour la première fois. Et puis je zappe. Jeff Buckley, c'est encore moi. Mais il y a autre chose. Je ne suis pas seulement Jeff Buckley, je suis aussi Souchon, Miossec, Lily Allen, Amy Macdonald, Jeanne Cherhal, je suis d'autres choses, et aussi toutes ces choses qu'il n'aimait pas.

Pour les deux ans de son départ, je me suis acheté une robe vintage très moulante. Noire et satinée. On ne voit que mon cul et mes seins là-dedans. J'ai hâte de la porter, et de la porter sans gêne et sans brassière. Avec, j'ai des faux airs de Rita Hayworth. Manque plus que les gants et une cigarette. Ah oui. Parce que maintenant, je peux de nouveau fumer quand ça me chante, sans me soucier du prochain cancer du poumon de mon p'tit loup: le tribunal international de La Haye ne me déclarera pas coupable de crime contre l'humanité par exhalaison de fumée secondaire.

Incroyable comme j'ai changé en deux ans. Il y a désormais quelqu'un en moi. Quelqu'un d'imparfait qui s'agite, qui crie, qui pique des colères, qui pleure, qui rit, mais quelqu'un qui vit. Mon corps n'est plus une coquille abandonnée qu'un bernard l'ermite s'est appropriée: j'ai pris possession de moi-même. Pour le meilleur et pour le pire. Incroyable. Je me souhaite un joyeux anniversaire.

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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 02:29

''Je ne savais pas encore que c'était la meilleure chose qui puisse m'arriver, qu'il me quitte. Comment aurais-je pu le savoir? Il était toute ma vie, sans lui je n'existais pas.''


Justine Lévy, Rien de Grave.


Et aussi, ce vidéo. Au revoir Lhasa.




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